ASPECTS PHENOMENOLOGIQUES DE L'ASTREINTE MUSCULAIRE
LES EFFETS DE L'AGE
Michel LESBATS
Que se passe-t-il au niveau musculaire pendant un travail musculaire à puissance constante (document n°1) ?
- L'âge
a une influence défavorable sur l'adaptation au travail
musculaire. L'individu jeune possède de meilleures
capacités physiques (courbe type I) que l'individu
âgé (courbe type II).
A partir de 45/50 ans l'opérateur doit faire l'objet d'une surveillance particulière car l'âge a une influence défavorable sur l'adaptation au travail musculaire.
EFFETS SUR LA VENTILATION PULMONAIRE
Un certain nombre de paramètres de la ventilation pulmonaire évoluent avec l'âge. On constate une augmentation du volume résiduel, ce qui entraîne un renouvellement moins efficace de l'air dans les poumons, une réduction de la capacité vitale, et une diminution importante du débit ventilatoire maximum.
La mesure d'autres paramètres montre que pour fixer par unité de temps la même quantité d'oxygène, le sujet âgé doit effectuer un travail ventilatoire plus important que le sujet jeune.
Enfin chez un sujet de plus de 40 ans ne se livrant pas de façon habituelle à une activité physique, les possibilités d'adaptations respiratoires sont réduites..
Volumes
en litres
Volume
résiduel
Capacité
vitale
Débit
ventilatoire max. en l / minute
EFFETS SUR LA CIRCULATION
A partir de 40 ans la fréquence cardiaque de repos s'accroît et le débit cardiaque diminue (baisse d'efficacité du travail cardiaque). Pour une même contrainte musculaire, le coeur bat d'autant plus vite que le sujet est plus âgé. Or la fréquence cardiaque maximale décroit avec l'âge (195 Rc/mn à 20 ans, 185 Rc/mn à 30 ans, 165 Rc/mn à 60 ans).
La conjonction de ces divers phénomènes entraîne une sérieuse limitation de la puissance maximale fournie . Enfin la durée de la phase de récupération est plus longue chez le sujet âgé.
A ces variations physiologiques normales peuvent se superposer des variations pathologiques. A l'occasion d'une enquête portant sur un groupe de 100 ouvriers de 50 à 64 ans, on a pu observer 12 électrocardiogrammes anormaux au repos et 52 suspects ou franchement anormaux au cours du travail musculaire : enfin 32 sujets avaient une pression artérielle trop élevée.
En effet diverses maladies dégénératives peuvent toucher le coeur ou les vaisseaux. Leur fréquence augmente fortement avec l'âge. L'hypertension peut avoir plusieurs causes (cf cours 1ère année) ; elle rend le travail statique soutenu particulièrement dangereux car il s'accompagne d'une importante élévation de la tension. Diverses altérations des vaisseaux peuvent avoir une influence défavorable sur l'aptitude au travail musculaire : l'artérioclérose s'accompagne de fragilité des artères, de risques d'obstruction et d'hypertension, l'artérite des membres inférieurs entraîne une sévère réduction de la circulation dans les jambes, l'atteinte des veines qui rend le retour du sang vers le coeur difficile, est la cause de l'enflure des membres (oedème).
Enfin il est évident qu'avec l'âge les petites artères et les capillaires, dont la dilatation permet une abondante irrigation des muscles au travail, perdent leur élasticité. Pendant l'effort la circulation locale est alors insuffisante. Les individus agés ont une fréquence cardiaque de repos (fcrA) plus élevée que celle d'un individu jeune (fcrJ). Les individus agés ont une fréquence cardiaque maximale (fcmA) plus faible que celle d'un individu jeune (fcmJ). L'individu jeune possède donc une marge d'adaptation, DJ bien plus grande que l'individu agé, DA.
En conclusion et en
comparaison :