



Les 2 et 3 juin 2005
Séminaire de Recherche - Action
ERGOTOXICOLOGIE
Organisé par :
Le Département Hygiène, Sécurité, Environnement et l'équipe ADS du LAPS
- Université Bordeaux 1 -
Le Laboratoire Santé Travail Environnement - Université Bordeaux 2 -
L'Association Santé Travail Interservices, Midi-Pyrénées
Parrainé par
la SELF
Introduction
Le scandale de l'amiante a mis à mal le discours dominant sur la prévention du risque chimique pour la santé des salariés. Les réponses, essentiellement réglementaires, qui ont été apportées n'ont pas a été suffisantes à modifier sensiblement la donne. Le programme européen REACH dont l'ambition paraît démesurée par rapport aux échéances annoncées et aux moyens mobilisables, engage une course à l'issue incertaine contre un marché de la substance chimique en progression aussi rapide qu'incessante.
Sauf à continuer à compter les coups (éthers de glycol, perchloréthylène aujourd'hui, pesticides demain) ne devrions nous pas réinterroger la conception dominante de la prévention du risque chimique en milieu de travail et ses déclinaisons en termes de limites acceptables d'exposition, de consignes de sécurité, et d'équipements de protection individuelle ? Comment promouvoir la conception alternative proposée aujourd'hui par l'ergotoxicologie ?
Cette pratique est née aux détours de recherches entièrement dédiées à ce qu'il était convenu d'appeler les pays en voie de développement économique. Nous pouvons constater que l'ergotoxicologie n'a pas connu le développement que l'on pouvait être en droit d'en attendre sur ces questions. Cela peut s'expliquer aussi par un éloignement de l'ergonomie de langue française dans les années 90 des questions de santé.
Confrontés nous-mêmes à l'évidence du décalage entre les démarches de prévention du risque phytosanitaire en viticulture et les conditions de travail réelles des opérateurs, en marge d'une vaste étude épidémiologique engagée dans le bordelais en 1995, nous émettions l'hypothèse forte que cet écart serait en grande partie lié à l'absence de toute référence à l'activité de travail (Mohammed-Brahim et al, 1997).
Les interventions ergotoxicologiques que nous avons conduites (Mohammed-Brahim, 1996), en partie reprises par d'autres auteurs depuis (Baldi et al, 2002) qu'ils étendent à d'autres types de cultures et dans d'autres départements en France, se sont élargies aux activités de retrait de l'amiante en place consécutives à la réglementation de 1997 (Garrigou, Mohammed-Brahim et Daniellou, 1998). En réponse à des demandes diversifiées (industrie, nucléaire ; solvants, métaux lourds, CMR), nous avons conduit et nous conduisons actuellement de nombreuses interventions en ergotoxicologie qui élargissent notre champ de réflexion à l'apport pluridisciplinaire (Mohammed-Brahim, 2005), aux modèles et pratiques de l'analyse du travail (Mohammed-Brahim, Garrigou et Pasquereau, 2003), à la formation des préventeurs (Garrigou et al, 2005).
Objectifs du séminaire
Il s'agit de partager les réflexions de ces auteurs avec des chercheurs et des professionnels de champs disciplinaires aussi diversifiés que l'épidémiologie, la sociologie, la psychodynamique, la médecine du travail, l'ingénierie de prévention, ou encore le management.
Le croisement des connaissances produites par la toxicologie industrielle avec les outils d'analyse de l'activité de travail développés en ergonomie a déjà permis une meilleure compréhension de ce qui se joue dans le travail autour du risque chimique. Cependant des questions aussi diverses que le rôle des représentations individuelles et collectives du risque chimique par les opérateurs dans l'adoption ou non des conduites d'évitement par exemple, ou le rapport concret de la prise de risques aux organisations du travail, ou encore l'intégration des EPI à l'ingénierie de process, nécessitent des éclairages théoriques qui devront être puisés dans d'autres champs disciplinaires et en interaction avec d'autres chercheurs on praticiens. Par ailleurs, les réponses de l'ergotoxicologie à des demandes et dans des secteurs différents, soulève des interrogations méthodologiques sur le travail sur la demande par exemple, la construction sociale des interventions, ou encore la formalisation de nouveaux outils toujours plus adaptés pour l'analyse de l'activité de travail en situation de risque chimique (par exemple : quelle métrologie, quelles articulations de niveaux macro et micro en ergotoxicologie ?).
En offrant un espace à cette confrontation, le séminaire compte :
- formaliser les interrogations majeures qui se posent à l'ergotoxicologie au stade actuel de son développement
- ouvrir des champs d'investigations nouveaux en matière de recherche et de pratique avec des scientifiques et des professionnels réunis
- élargir la masse critique des scientifiques et des professionnels pouvant agir pour rendre visible l'ergotoxicologie dans la prévention du risque chimique pour la santé en milieu de travail.
Organisation
Le séminaire est organisé sur trois demi journées couvrant trois sessions de communications plus un panel de discussion.
Les trois sessions seront consacrées :
- A présenter un état des lieux sur le risque chimique en milieu de travail et la confrontation des modèles de prévention des points de vue théorique et pratique
- A écouter et débattre des retours théoriques que proposent les disciplines interpellées par l'état des lieux
- A écouter et débattre des retours pratiques exprimés par les acteurs en présence : entreprises, institutions et professionnels
Deux discutants ayant une vision critique des développements actuels et à venir en ergonomie et en médecine du travail assureront une sorte de fil rouge et nous ferons une restitution débat des échanges intervenus dans les sessions.
Une conclusion ouvrant des pistes de travail devra clôturer la rencontre.
Les différentes contributions feront l'objet d'une publication.
Lieu du séminaire : Centre CONDORCET
162, avenue du Docteur Schweitzer
33600 PESSAC.
Tél. : 05 56 15 11 70
Fax : 05 56 15 11 75
Téléchargez la plaquette et le formulaire d'inscription (fichier.doc à télécharger)